Premiers pas en danse-thérapie : entre joie, doute et légitimité
Témoignage de Diane, qui a suivi la formation en danse-thérapie Per Se Nota© de juin 2025 à avril 2026.
J’ai commencé une formation de professeure de danse-thérapie en juin 2025. Après mon cinquième module, consacré à la pédagogie, j’ai commencé à animer mes premières séances. J’ai eu envie d’écrire ce matin sur mes ressentis après avoir animé 4 séances de danse-thérapie. Je vous partage mes réflexions.
J’ai animé 4 séances d’1h30 de danse-thérapie avec des personnes de mon entourage mais pas très proches, des connaissances, ou amis d’amis, dont 3 – sur les 8 personnes qui ont participé – que je ne connaissais pas (ce qui est d’ailleurs plus confortable pour moi).
Pour l’instant, lorsque je guide une séance de danse thérapie, je me sens plutôt à l’aise, en confiance, curieuse et j’ai surtout hâte d’animer des séances.
Moi qui suis du genre stressée chronique, pour tout et rien, je me surprends à prendre du recul dans cette situation et à me dire : c’est moi qui gère. Ils ou elles n’ont jamais fait de danse thérapie donc pas de comparaison possible.
Et puis je suis animée par l’envie de « faire du bien aux autres ».
Je prépare toujours ma séance avec un déroulé précis et minuté, et une playlist ad’hoc pour la séance afin de ne pas avoir à gérer les choix de musique et à ne pas être dérangée par la technique. Au cours de la séance, je me détache rapidement de ma feuille et j’improvise suivant ce que je ressens des participants et ce que je me sens en capacité de proposer.
Les cercles de paroles de fin de séance sont très émouvants pour moi.
Ce que partagent les participants me met le cœur en joie et en gratitude. Je suis également très surprise de ce que les participants arrivent à lâcher ou à rencontrer et de ce que certains mettent en place dans leur vie après seulement une séance.
Je me dis : « c’est pas possible, rien qu’avec une seule séance d’avoir de tels changements en soi ».
Ça me surprend, et parfois même je suis jalouse car je n’ai pas l’impression d’avancer aussi vite dans ma thérapie.
Lorsque je termine une séance, je me sens fatiguée et chamboulée joyeusement et puis il y a un moment de vide et comme de stupeur voire de dépit.
Comme je rencontre ces états à chaque fois, je me suis interrogée sur ce ressenti.
Je crois que c’est dû au fait que lorsque je suis en apprentissage durant la formation, cela me semble compliqué de prendre en compte une multitude de facteurs. Et puis quand j’anime une séance chez moi ça me semble tellement simple.
Parfois trop simple pour des résultats qui me semblent incroyables.
Je n’ai pas encore fait d’exercices de reformulation qui pour moi est un outil super puissant et que je n’ose pas encore utiliser. Je me « contente » de leur faire explorer les polarités, des exercices de miroir, question-réponse, danses collectives, etc. Et je me rends compte que « rien que ça » amène à des résultats qui me paraissent extraordinaires. Ca me laisse dans un état d’incrédulité. Je me sens dépassée.
Je pense aussi que j’ai le syndrome de l’imposteur.
Comment moi suis-je capable de guider une séance qui produit de tels effets ?
Ce n’est pas possible, il doit y avoir un loup quelque part. Comme pour moi tout doit s’obtenir dans la douleur et le travail acharné pour avoir une validité, je ne peux pas valider quelque chose qui me paraît facile. Et puis j’ai du plaisir à animer une séance et pour moi le plaisir ça se paye à un moment ou à un autre, selon le précepte judéo-chrétien bien ancré en moi, alors que je n’ai aucune religion : tu es sur cette terre pour en chier, et tu trouveras la paix et la sérénité au Paradis.
Enfin, j’ai peut-être peur de ce « pouvoir » que j’ai l’impression d’avoir et que je ne suis pas sûre de maîtriser.
J’ai peur de cet impact que je peux avoir via mes guidances sur la vie des participants. Et si jamais je faisais mal les choses et que ça provoque des dégâts ? Je suis débutante, je ne maîtrise pas tout. Cela parle de ma légitimité à exercer ce métier.
En même temps, au fur et à mesure que j’écris et que je pose mes ressentis et mes interrogations, je me dis que c’est plutôt sain de s’interroger et de ne pas considérer que je sais déjà tout et que je peux y aller sans prendre de précaution finalement.
Merci à Diane pour son témoignage
[mise en forme et publication R.R]
